à propos

Ma peinture naît de ma façon de regarder le monde. Ce qui m’arrête c’est le singulier, le rugueux, le décalé. Ce qui déborde et ne rentre pas dans le cadre. Et il y a des lieux et des gens où tout se donne à l’oeil plus vite, plus fort et sans détour, comme s’il y avait urgence. Comme si ces lieux et ces gens venaient me chercher et me disaient « viens j’ai un truc à te dire ». Une zone où les choses et individus paraissent exagérément vivants, alors qu’ils sont juste sans filtre, dans leur singularité brute et spontanée. Irréductiblement vivants. Ces vivants qu’on ne réduit pas, cette écorce qui exagère sa forme, cette rue qui concentre autant de pas que d’écritures au mur, cette femme à Stalingrad qui farfouille dans ses sacs à la recherche d’un trésor en vain, ce garçon sur le Pont des arts qui sautille d’un pas rapide, saccadé et vertical, ce kaktus qui explose sa taille pour maintenir et protéger une pente trop raide…